KRS-One

Comme Jim Carrey le dit dans un sketch hilarant dont lui seul à le secret: "Crazy things HAPPEN TO ME!!" En général je ne peux pas en dire autant, mais concernant un épisode qui m'est arrivé il y a de ça 2 semaines, je peux m'en vanter.
En vérité, tout commence l'été passé, entre Southampton et New York, à bord du Queen Mary II (si vous m'en voulez déjà maintenant, arrêtez de lire). Je mange paisiblement ma 4ème portion de sushi à volonté et je commence à songer à me prendre une glace au distributeur gratuit (tout ceci est véridique) tout en regardant passer des bikinis habités par de charmantes filles, quand tout à coup, du bout du couloir surgit un afro-américain (restons politically correct) d'un bon mètre nonante arriver penaudement, je reconnais instantanément son visage, car il est assez particulier, et son image est dans mon imaginaire collectif, comme dans celui de tout auditeur de vrai hip-hop made in 1980s-1990s qui se respecte. Ce visage appartenait à Lawrence Krisna Parker, alias KRS-One, véritable légende du hip-hop.
Le 95% de vous ne doivent pas le connaître, trop occupés à dire que le rap c'est de la merde ou à regarder et écouter que ce que MTV et NRJ proposent (révolution!), alors je vais faire un petit récapitulatif. KRS-One prend le micro en 1986 au sein du crew Boogie Down Productions et signe avec eux plusieurs albums dont deux certifiés classiques "5 Mics" par The Source, (ex-)référence en la matière. Après la mort de son DJ, il prend une orientation beaucoup plus pacifiste et éducatrice, prenant au passage le surnom de "The Teacha". En 20 ans de carrière et 15 albums, il n'a jamais cédé aux sirènes de la gloire et de l'argent (il n'a jamais tourné de clip ou même sorti de single, sauf erreur) mais a fait sa place dans le top 10, voire top 5, voire 3ème derrière Biggie et 2pac, dans la liste du coeur de beaucoup de B-Boys à travers le monde.
Voilà, vous savez qui est le personnage et ce qu'il représente pour moi, je décide donc d'aller lui parler avec ma soeur, il se révèle fort sympathique et nous dit qu'il faudra lui faire parvenir nos adresses e-mail, pour qu'il nous donne des invits pour son concert à Lausanne en mai 2006. Je ne devais le recroiser qu'une fois le reste de la traversée. En revanche, le soir même, je reconnais le même visage, en plus jeune, sur un corps plus petit, et je commence à sympathiser avec son fils, Chris. Je lui donne les e-mails, qu'il perd (ce que je ne savais pas à l'époque), on oublie de se donner les moyens de garder contact et on se sépare comme ça.
Avance rapide. Mercredi 17 mai 2006. D! Club. Lausanne. 23h00. La défaite d'Arsenal en finale de la Ligue des Champions pas encore acceptée, je me rends avec mon frère et quelques potes, au concert de ce même KRS-One, celui pour lequel j'attendais des invit', sans savoir que mon adresse e-mail n'était jamais parvenue au Teacher. Le concert commence, on se retrouve quasiment par miracle, tout devant, accoudés à la scène, à quelques centimètres du gars. La suite n'est que litres de transpirations décibels de cris et de hip-hop old school et conscious comme on l'aime. Extraits choisis:
"I can do what I like, I'm a free MC/ I can say things like fuck MTV"
"I rhyme for the people, the community/Like I said, it's about peace, love, and unity"
"You can see no ice (diamants) on my wrists or my neck/ All I got is your maximum respect"
Pour vous donner une petite idée de l'esprit qui régnait; à un moment donné, il invite tous les breakers de la salle à venir faire un ptit truc devant, sous l'ovation de la foule et le regard du maître. Ou à un moment donné, il demande un téléphone portable (le mien en l'occurence), me demande d'appeler à la maison, et dit: "Hello this is KRS-One,lots of love etc..." puis me le rend, après quoi je constate un peu déçu que ça sonne toujours et que je vais me faire tuer pour avoir appelé chez moi au milieu de la nuit en semaine.
A la fin de ce show de folie, il dit qu'il y a des T-shirts en vente et que s'il peut, il passera peut-être en signer quelques-uns. Avec Jonas, on décide de se cotiser pour un Tee, comme ça on pourra peut-être lui glisser deux mots et le faire se rappeler de nous.
On a pas eu besoin de sortir le porte-monnaie. Arrivé au stand, je reconnais son fils et l'apostrophe; "Hey Chris, remember me? From the Queen Mary bla bla" Après avoir eu droit quelques secondes à un regard réservé aux fous, il me reconnaît et on commence à discuter, hilare. Sa mère s'approche: "How did you guys land here?" "I live here..."
Ensuite de quoi elle nous offre des T-shirts, à tous (on était 5). Je demande à Chris jusqu'à quand il est à Lausanne, s'il veut que je lui montre 2-3 trucs en ville, pour lui changer de la routine de la tournée (fils d'artiste, métier bien difficile). Il prend mon numéro, on discute encore un peu.
Le lendemain, en plein milieu d'encore un cours d'économie inintéressant, mon natel vibre et quelle n'est pas ma surprise quand je vois un numéro genre +181804532 etc... Ca vient des States, j'urge hors de la classe, n'ayant pas le temps de répondre, je rappelle. Je passe 5minutes au téléphone sur un natel enregistré aux Etats-Unis,le temps qu'il arrive à m'épeler le nom et l'adresse de l'hôtel (faites dire Chemin du Rond-Point à un américain, vous rigolerez moins) et qu'on convienne que je vais le chercher direct après les cours.
Aussitôt dit, aussitôt fait. J'débarque à l'hôtel, un modeste 3 étoiles sous-gare (KRS n'a pas tellement le goût du luxe mdr) et je vois tour à tour le DJ de la veille, un sécu, le tour manager et d'autres énergumènes que j'apercevais sur scène le soir d'avant,drôle d'impression. J'débarque dans la chambre de chris,on glande un peu avant que je réussisse à le convaincre d'aller en ville, reste à convaincre ses parents, un peu plus difficile que prévu,ils demandent mon numéro de natel (compréhensible) et une copie de ma carte d'identité (compréhensible après réflexion, j'étais qu'un étranger dans un pays étranger). On bouge à Sega Quanta, le temps que ce gamin à grandes mains m'humilie à un truc de basket, puis on bouge chez moi, où je me venge en un contre un et je lui montre un DVD contenant une interview de son père, fous rires. Quelques heures plus tard, retour à l'hôtel, puis on bouge acheter à manger, et qui on croise devant l'hôtel en train de jouer avec ses deux plus petits gosses? On parles une minute de cette interview et il nous demande de ramener une pizza. Reste de la soirée sans évènement particulier, si ce n'est que je laisse mon t-shirt là-bas dans le but qu'il soit dédicacé le lendemain, c'est donc à torse nu sous ma veste que je rentre chez moi, sans bien comprendre encore ce qu'il m'arrive.
Le lendemain, fin des cours, j'y retourne, je lui fais la tournée des quelques boutiques hip-hop de Lausanne, dans lesquels on essaie de faire un peu de marketing, savoir s'ils veulent acheter des T-Shirts KRS. Les commerçants hip-hop suisse sont des incompétents, c'est officiel. Pas une boutique n'avait de carte de visite, pas une était capable de nous filer le numéro du responsable, pas de succès en affaires ce jour-là. En rentrant à l'hôtel, je croise KRS de l'autre côté de la route, que je remercie pour la dédicace. J'demande ensuite si je peux visiter le bus de la tournée, chose que j'ai à moitié regrettée quand le gros hell's angel allemand qui servait de conducteur m'a agressé quand chuis entré: "Wherr do I tek ze bos?" Bref, assez classe le bus, je ressors avec deux CDs dédicacés. J'emmène Chris au théâtre, où le bougre ne comprend rien, malgré la traduction simultanée d'alex et une impro de ma part en anglais. On bouge chez moi pour la soirée. C'est à ce moment là que sa présence me devient un peu pesante, dûe à ma fatigue. Et le bougre commençait à montrer ses limites, il n'a même pas 14 ans, et ça fait 4 ans qu'il est plus retourné à l'école, compte tenu de ça, il est vachement mature, intelligent et intéressant, mais tout de même. Bref, la soirée se passe quand même bien et il me raconte des anecdotes de gens connus (Xzibit,J-Lo, Big Pun, Fat Joe, Lindsay Lohan). Il devait partir le lendemain, on se dit au revoir, il rentre en taxi.
Le lendemain matin, je reçois un téléphone qui me dit (Chris, pas le téléphone) qu'ils ne sont pas partis, KRS ayant manifesté l'envie d'aller au Luna. Ayant du boulot, je dis à Chris que je pourrais difficilement bouger à l'hôtel, surtout que je devais enregistrer l'aprèm. Il prend donc un taxi et me rejoins. J'lui montre quelques trucs, lui file un texte et une lettre pour son père, le rebat en un contre un. Mes parents proposent d'inviter les siens à manger, j'appelle, impossible pour eux, mais je reçois une invitation surprenante: "You have to come see us in California". Chris me raconte ensuite qu'il a dit à son père tout ce qu'on avait, et que je rappais, et que je faisais ci, ça, ce qui a incité le père à dire: "Ok, Thomas is rollin'now, he can be part of the crew." Et KRS-Two de renchérir: You're the newest member of the BDP (NDLR: illustre groupe) now.
Le soir, Chris va voir un film avec Jonas et rentre à l'hôtel. J'appelle sa mère pour confirmer qu'il soit bien là,le coup de tél se finit par: See you in America.
Voilà, c'était quelques jours assez fous, avec le recul je m'en rends compte. Je sais pas si leur invitation était sérieuse, mais j'aimerais y aller l'été 2007, j'vais les appeler quand la tournée sera finie, dans 2 mois, et on verra bien. En tout cas, ça a fait bizarre d'être si proche de quelqu'un qui a écrit les lettres de noblesse du hip-hop.

6 Comments:
bon etant donné que tu ma limite obligé a t'ecrire un comm parce que personne veut t'en mettre j'ai pitié donc voila...
mais j'espere que c t serieux et que tu pourra aller les voir en été...et tu nous rapportera des souvenirs!
voila et sinon mayrci pour le mayssage!meme si mon dos est incraquable...tompis!
Bizz mon ptit potomate (tu vas t'y faire, tu verras!)
serais-je la seule à avoir eu le courage de lire ce long article??? apparemment...
Allez passe une bonne soirée ptit! Bizz
Oui je crois avoir trouvé la limite de longueur à ne pas dépasser :P. Là c'était trop long, par exemple. Pourtant, si vous preniez la peine de lire, vous verrez que c'est intéressant.
Merci May, t'es fidèle, toi.
Tompote a écrit: il n'a jamais tourné de clip ou même sorti de single..
HAHAHAHA... je me suis dit wé je vais lire un peu et tout à coup je vois cette connerie... mon pauvre, pour info il a sorti une vingtaine de singles exemples: "illegal business", "let em have it", "cant stop wont stop", "heartbeat"... sinon comme CLIPS: "rappaz r n danja" "step into a world" " "5 bouroughs" "one hot" "double trouble" "east coast west coast killas"... alors viens pas nous dire ke ton KRS c'est un gars complètement underground, 100% antisystème et blabla.
Pourquoi tant de haine?
C'est bizarre Anou, tu as omis de citer la fin de ma phrase: sauf erreur...
Merci, tu viens de corriger une erreur qu'il y avait dans mon texte, KRS-One a donc sorti des singles et tourné des clips, très bien. Non, il n'est pas complètement underground, ni 100% antisystème, ce que je n'ai jamais dit, d'ailleurs. Pour moi, underground ou antisystème ne sont pas des badges de qualité, juste des choix qui sont faits. Certains MC's underground feraient mieux de rester sous terre, et certains MC's sur des majors méritent leurs ventes. Et j'aime pas cette discrimination qui se fait sur le moyen choisi, et pas sur la qualité intrinsèque de la chanson, de l'artiste.
J'sais que tu t'arraches les cheveux en lisant ça, mais c'est bon, il t'en reste assez...
Mes magnifiques cheveux ne méritent pas d'être arrachés pour des stupidités pareilles...
Quand toi même t'es pas sûr de quelque chose (le fait qu'il ait sorti des singles et fait des clips) évite de le communiquer aux autres même en mettant "sauf erreur". C'est normal que quelqu'un qui porte fièrement des habits g-unit (faits par des enfants asiatiques qui ont un jour de congé par mois) vienne défendre ces "rappeurs" de merde. Comme ça au moins t'es cohérent avec la connerie que tu penses et la connerie que tu écoutes... Je te signale qu'à la télé sur les radios et dans les magazines "Hip-Hop" on ne parle quasi jamais de rappeurs undergrounds qui font passer un message, on s'occupe plutôt à faire l'éloge des connards qui détruisent l'esprit du rap, alors vient pas me dire que ce sont eux qui subissent une discrimination. "Antisystème" c'est peut-être pas un gage de qualité pour la forme mais pour le fond tu risques beaucoup moins d'entendre des "bitch if you get on your knees, put me in your mouth and suck me off". Alors mon choix est fait depuis longtemps... Et j'espère que je te croiserai plus souvent sur le chemin de la vérité. :D
PS: on dirait que le système blogspot n'aime pas trop les navigateurs qui font concurrence à IE (Genre Mozilla)
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